A LA DECOUVERTE DE MAULEON
Point de départ : l'ancienne
mairie, édifiée en 1860, qui abrite la Maison du Patrimoine.

Vous vous trouvez sur l'ancienne commune de Licharre, séparée de celle de Mauléon par le Saison (ou gave de Mauléon, ou Uhaitza en basque). Ces deux communes ont fusionné en 1841 pour devenir Mauléon-Licharre et plus habituellement aujourd'hui, Mauléon-Soule (car capitale de la province basque de Soule).
Cette belle place, séparée en deux par le fronton, appartint jusqu'en 1922 à la Commission Syndicale du Pays de Soule, héritière des anciennes institutions locales chargées de gérer les terres communes aux habitants des 43 villages du Pays de Soule.
- D'un côté, l'aire de jeu et le monument aux morts 
- De l'autre, une fontaine, l'allée de tilleuls et le kiosque
à musique. Là, se tient un marché chaque samedi matin.

Les Allées de Soule sont bordées, au nord, par la rue Jean-Baptiste Heugas (du nom d'un ancien maire) au bout de laquelle, près de la fontaine, vous découvrez un linteau portant l'inscription : "Passant, pâlis à cet aspect - 1789". On pourrait songer à une évocation de la guillotine, mais celle-ci n'a jamais fonctionné à Mauléon. Sans doute, cette pierre provient-elle de l'ancienne église de Licharre détruite en 1870.
On y accède par la place de la liberté avec sa fontaine mentionnée dès le XV° siècle et le ruisseau "Le Manga" que bordent quelques maisons-moulins.
De retour par la rue du Jeu de Paume, vous trouvez successivement :
- l'Hôtel de Souhy, du nom d'un ancien maire de Mauléon
; 
- une maison du XVI° siècle, ancien siège de la Cour de Licharre (aujourd'hui magasin de vente d'espadrilles) ;
- l'un des joyaux de l'architecture de la région : le château d'Andurain.

Château Renaissance édifié par le premier (1559-1623) des trois évêques du diocèse d'Oloron. Son toit très pentu, dont la hauteur égale celle de la façade, est fait de bardeaux soutenus par une remarquable charpente dont toutes les pièces furent taillées à la hache, et qui rappelle une carène de navire renversée.
La visite, notamment le grand salon et la chambre de Monseigneur de Maytie, est fort intéressante.
A proximité, se dressent :
Elle fut élevée au XVI° siècle à une vingtaine de mètres de son emplacement actuel, à l'endroit où, sous un noyer, la Cour de Licharre rendait la justice.

Ancienne sous-préfecture, actuel Hôtel de Ville, il fut construit au XII° siècle par Henri de Gramont, comte de Toulongeon, sur les plans de Mansart. Arnaud-Jean de Peyré, fils du capitaine de Tréville, l'acheta en 1676, le légua à son neveu Armand de Montréal, capitaine-châtelain.
Les Etats de Soule achetèrent cet hôtel en 1777. Il devint la sous-préfecture de Mauléon de 1789 à 1926. Depuis 1980, c'est la nouvelle mairie de Mauléon. L'écrivain Pierre Benoît y a situé l'action de son roman "Pour Don Carlos".

Elle fut bâtie en 1885 pour remplacer celles de Licharre et de Berraute.
De Licharre à Mauléon, il suffit de passer le pont.

C'est, avec son unique arcade, le plus ancien de Mauléon. Au XV° siècle, il existait une église à chaque extrémité, vouées sans doute à Sainte-Catherine et à Sainte-Lucie. Sous le pont, tournait un ancien moulin à eau (cité dès le XIII° siècle), remplacé aujourd'hui par une micro-centrale.
A droite après le pont, la rue de la Commanderie longe le gave et, passant derrière l'Hôpital Saint-Louis, aboutit au cimetière.

Elle constituait le chœur d'un bel édifice roman (mentionné dès 1220) qui faisait partie de la Commanderie gérée par les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem ou chevaliers de Malte. Cette Commanderie hébergeait les pélerins de Saint-Jacques venant d'Oloron par l'Hôpital Saint-Blaise et se dirigeant par Ordiarp vers Ostabat.
Berraute fut le théâtre d'événements importants de l'histoire locale :
- En 1661, Arnaud François de Maytie y fit enterrer, devant le maître-autel, le corps du célèbre curé de Moncayolle surnommé Matalas, qui avait pris la tête d'une insurrection de paysans souletins et qui, fait prisonnier, fut décapité;
- En 1791, Samadon, évêque constitutionnel d'Oloron, y fit élire les curés constitutionnels de Soule, malgré l'opposition manifestée par les Mauléonais;
- En 1792, Berraute fut convertie en magasin à fourrage.
Au-delà, le nouveau cimetière contraste avec l'ancien par son aménagement paysager et ses stèles discoïdales.
A gauche, après le Pont des Galeries, vous empruntez :

Essentiellement commerçante, elle vit vers 1880 l'installation des premières usines d'espadrilles : celles de Béguerie et Cherbero, industrie qui marquera profondément la vie et la sociologie de Mauléon durant un siècle, en faisant la Capitale de l'espadrille.
Dans le prolongement de la Basse-rue, l'avenue de Belzunce, du nom d'une famille grande basque établie à Mauléon au XVI° siècle, longe :
- Le Collège Saint-François, créé en 1851
dans l'ancien couvent des Capucins, où se réunirent les délégués
de tous les villages de Soule lors de la rédaction des Cahiers de
Doléances. 
- L'ancien couvent des Dominicaines, transformé aujourd'hui en
résidence autour du cloître et qui fut édifié
en 1772 par les Etats de Soule.

Si vous poursuivez votre route vers Chéraute, vous découvrez l'important complexe sportif et scolaire, avec notamment :
- le Lycée Professionnel Jean-Pierre Champo,
- le Jai-Alai Ororena (fronton couvert où se pratique la cesta-punta),

- le Collège Argia qui abrite durant l'été le Salon d'Aquitaine,
- les stades, courts de tennis et la piscine, 
- et enfin, à l'entrée de la commune voisine de Chéraute, le nouveau Lycée Polyvalent du Pays de Soule, à dominante technique.
Pour rejoindre la Haute-Ville, trois possiblités s'offrent à vous :
- depuis le Pont des Galeries : la rue du Fort, où vous remarquerez au passage la Maison de la Fée, la plus ancienne de Mauléon (1485);
- depuis le carrefour du Collège : la rue Augustin Chaho (né en 1811 à Tardets, l'un des esprits les plus originaux de la culture basque, qui exaltera l'union et l'indépendance des basques);
- depuis l'avenue de Belzunce : la rue Marie-Antoinette d'Arthez-Lassalle, dans laquelle se situe l'immeuble abritant la Commission Syndicale du Pays de Soule.
A la Haute-Ville, le marché s'y tenait dès le Moyen-Age, sous les arcades des maisons et s'yperpétue tous les mardis dans la Halle restaurée en 1980 et aux abords, près de la fontaine et du fronton.
Les ouvriers navarrais et aragonais qui s'installèrent nombreux au XIX° siècle dans ce quartier en ont fait un lieu particulièrement animé, chaleureux et acceuillant.

Elle a été édifiée aux environs du XV° siècle, mais son clocher souletin date du XVI° et sa tribune du XVII°. Elle fut à deux reprises cathédrale, siège de l'évêque d'Oloron.
Il domine la place avec sa tour ronde. La famille de Béla, d'origine béarnaise, prétendait descendre des rois de Hongrie. Protestants, les Béla, virent leur maison incendiée durant les guerres de religion. Le chevalier de Béla, capitaine des gardes du corps du roi Stanislas, a laissé de nombreux ouvrages.

On le disait le "plus fort castel de Guyenne". Ruiné à plusieurs reprises, il conserve un ensemble très intéressant avec son pont à trois arches, son pont-levis, ses grosses tours, le chemin de ronde qui offre un beau panorama sur Mauléon et la vallée. Des travaux de recherche et d'aménagements sont actuellement en cours.
Empruntant le boulevard Gambetta puis la route d'Ainharp, vous découvrez une aire de pique-nique acceuillante et ombragée avec ses deux fontaines :
- Saint-Jean, qui fut autrefois un établissement de bains,
- Saint-Pierre, dont l'eau est particulièrement appréciée.

La rue du Frère Alban débouche sur le domaine d'Aguerria, vénérable maison construite par Jean-Pierre d'Arthez, membre d'une famille qui tenait une banque à Londres.
La magnifique chapelle attenante date de 1850 et la maison a abrité
durant un siècle le noviciat des Frères de la Doctrine Chrétienne.
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